Bilan afrique

Mon objectif au début du voyage était de me rendre en Afrique du Sud pour ensuite visiter le Madagascar, l’île Maurice et l’île de la Réunion. Je suis maintenant au Mexique avec Pierre.Tout un changement de cap ! C’est maintenant le temps de partager cette expérience et de grandir ensemble. Une autre étape qui commence et j’en suis très contente !

Il y a quelques années, je ne me serais pas imaginé voyager en Afrique et encore moins seule à vélo. Sans trop comprendre pourquoi, ce continent a mauvaise presse ou … peu de presse. Quand on pense à l’Afrique, on pense immédiatement à la corruption politique, aux enlèvements, à ISIS, aux d’attaques à la machette, aux animaux dangereux, à la malaria, au SIDA, aux enfants soldats, à la famine … Même si l’Afrique ne m’a pas ensorcelé comme l’a fait l’Asie, plusieurs endroits méritent d’être découvert sur ce continent. A travers mes photos et mes récits, j’ai le sentiment que j’ai modifié la perception des gens et peut-être même donné le goût à plusieurs personnes de venir voyager en Afrique. Au-delas de la pauvreté, qui est omniprésente, l’Afrique offre à ceux qui osent s’y aventurer une richesse naturelle (faune et flore) et humaine importante : l’Ouganda est d’une beauté sauvage incroyable (explosion de couleurs dans les campagnes), le lac Kivu au Rwanda et la résilience de la population (génocide) et la gentillesse des Tanzaniens et la beauté de Zanzibar…pour n’énumérer que quelques exemples. C’est à travers plusieurs récits de voyages (via Facebook) que ma vision s’est tranquillement transformée, ce qui m’a donné le goût de constater la beauté de ce continent de mes propres yeux.

Pendant mon séjour en Afrique, je ne me suis jamais sentie en danger. Je dirais même que j’ai exploré davantage certaines régions plus que ce que je l’avais fait dans d’autres pays. Le l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie sont des pays stables. Au-delà du bon sens, je n’ai aucune mise en garde à donner sur ces 3 pays. La population était très amusée de ma présence mais en général, personne ne semblait s’inquiéter pour moi. On s’inquiétait davantage que je me fasse attaquer par des animaux. Le soir, je ne demandais pas refuge aux postes de police puisque je me sentais en danger mais simplement parce que j’avais découvert que c’était facile, qu’il avait l’espace requis pour recevoir ma tente.

En Afrique, au début du voyage, je me suis souvent sentie dépassée, frustrée puisque les gens me demandaient souvent de l’argent. J’avais l’impression qu’il était difficile d’établir des relations authentiques avec les gens. Dans mon cas, cette situation a, je pense, influencé la qualité de mes relations avec les gens locaux.Vers la fin du voyage, ma vision avait commencé à changer. J’étais moins rigide. Avec du recul, j’aurai dû aider davantage certaines personnes que j’ai croisé sur la route. Mais au début, cette relation à l’argent est difficile à gérer. Il semble qu’il soit plus facile de se braquer automatiquement à toutes les demandes sans trop réfléchir. A Zanzibar, j’ai eu une révélation entre deux cocktails. Je n’étais pas capable de me prélasser sur ces plages magnifiques sans penser à tous ces gens que j’ai croisé dans les différents villages. J’ai donc décidé d’aider la famille de Mathieu. Vous vous souvenez de mon ami que j’ai rencontré en vélo au Rwanda. Mon ami qui pédale 50 km par jour pour se trouver du boulot. Je suis privilégiée dans la vie. Je réalise mes rêves. Même si je suis toujours préoccupée par mon argent, j’en ai plus que nécessaire. C’est donc une façon pour moi de laisser aller et de permettre à quelqu’un d’autre, de vivre un peu mieux. En ordre, Jaqueline, Welcome, Hope, Happy et Captain.

J’ai aussi de la difficulté avec la nourriture. Je m’y attendais mais une fois les pieds dedans…Pas facile de faire du vélo le ventre à moitié vide. Il y avait de la nourriture partout mais souvent, comme une personne malade, mon corps la boudait. La nourriture en Afrique n’est pas mauvaise mais selon mon palais, elle est sans goût et redondante … malgré l’abondance dans les marchés. Mais, eux, ils se disent heureux de manger leur soupe de vache, les chapatis…Les goûts, ça ne se discute pas faut croire …

Étrangement, même si le coût de la vie qui est dérisoire, j’ai eu l’impression que pour voyager en Afrique (au-delà du vélo et du bénévolat), il fallait être riche. A ma connaissance, vous avez besoin d’un guide pour chaque activité et votre guide, vous devrez le payer en US et cher, même pour une petite randonnée facile en montagne. On écrit dans les différentes publicités qu’on veut vous protéger, vous donner le rythme de la marche pour éviter que vous ne vous sentiez fatigue… A part pour vous protéger des lions et des buffles, je n’en crois pas un mot. Y’a vraiment un business en Afrique et on vous videra vite vos poches. Malheureusement, cette richesse ne semble pas retomber au niveau de la population locale.

C’est important de terminer avec la note suivante…Même si j’ai eu l’impression que les gens en Afrique vivaient la misère, je suis de plus en plus consciente que j’ai cette impression puisque je fais de l’ethnocentrisme. Que je regarde le pays à travers mes propres lunettes, de penser que mon monde, ma réalité est le meilleure. J’ai questionné plusieurs personnes pendant mon voyage et pour plusieurs, ils ne partageaient pas mon point de vue. Donc, cette vision n’est donc pas la réalité mais ma réalité, ma perception.

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Une réponse à “Bilan afrique

  1. Beau texte Geneviève…changer de cap est parfois nécessaire et démontre une sagesse et de l’humilité…J’ai bien hâte de te revoir!

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