Musanze-rusomo

Voyager en Afrique à vélo peut être intense. J’ai visité beaucoup de pays pauvres à vélo mais je ne me suis jamais aussi sentie aussi blanche qu’ici. Étant donné qu’au Rwanda et en Ouganda plusieurs personnes parlent soient l’anglais ou le français, il est plus facile d’avoir accès à leurs vécus émotifs. Les gens sont pauvres et ils travaillent fort pour gagner quelques dollars par jour. Il y a la misère partout. Chaque jour je croise des centaines d’hommes qui creuse des canaux en bordure de la route à la pioche, ils cassent des roches a la masse pour en faire des cailloux, ces femmes qui travaillent dans le champ avec leur bébé sur leur dos. On pourrait parfois se croire au temps de l’esclavage tant ils travaillent fort. Je me sens souvent très gênée de dépasser, sans difficulté sur mon vélo, tous ces hommes qui poussent leurs vélos, allongés de tout leurs corps pour gravir toutes ces collines. Comment pouvons-nous nous plaindre chez nous. Je vous présente mon ami Mathieu. Nous nous sommes rencontrés a la sortie de la ville de Musanze, proche de la frontière avec l’Ouganda. Dans la montée, Mathieu parvient a me rejoindre et il me dit: I want to bike with you. Sur sa bécanne de misère, il pédale avec tout son coeur pour garder le rythme a mes côtés. TOUS LES JOURS, a 5 heures du matin, il enfourche sa bécanne et il refait ce même trajet aller-retour (50 km) pour chercher un employé. Aujourd’Hui, comme tous les jours précédents, il est revenu chez lui bredouille. Mathieu a un diplôme Universitaire et il a 4 enfants. Pour survenir a leurs besoins, il cultive la patate. Je vous jure, au moment ou il m’a dit qu’il fesait ce trajet tous les jours, Les larmes me sont montées aux yeux instannément. Quel non-sens !!! Mathieu a gardé le sourire pendant les 25 km que nous avons partagé ensemble. Des histoires comme celle-la, j’en ai entendu d’autres et ils en existent des millions dans le monde. Et nous…

Il m’arrive parfois aussi d’être irrité par la perception que les gens ont de moi « la blanche riche ». Sur la route, les gens me tendent souvent la main pour avoir de l’argent. En comparaison avec mes voyages précédents, j’ai plus de difficulté a établir des liens significatifs. POurtant, la bicyclette est normalement un agent facilitateur. Selon le blog de Pierre Bouchard et Janick Lemieux, il semblerait que ce type de relation s’estompe en Tanzanie. J’ai lu un bon livre sur le sujet. Les africains ont une vision communautaire et non centrée sur leurs propres besoins. Si un de leurs proches a un besoin, ils partageront avec lui. Ils économisent rarement pour un but personnel. C’est en soi une forme d’assurence sociale. Je peux donc comprendre qu’ils ne comprennent pas toujours mon refus de partager mon argent puisque je suis riche et que selon leur culture, il devrait en être ainsi.

Après Musanze, j’ai mis le cap vers Rubavu qui se situe sur le bord au lac Kivu. Le lac Kivu est une frontière naturelle entre le Rwanda et la république démocratique du Congo. Rubavu est le point de départ pour le Congo Niles Trail (CNT). Le Congo Niles trails est une attraction touristique hyper populaire au Rwanda. Cette route longe le lac Kivu sur une distance de 227 km et elle peut être parcourue a pied ou en vélo. Il est facile de trouver de l’information sur le sujet. Si vous ne souhaitez pas faire le chemin seul, il est possible d’engager un guide local. Le chemin est RELATIVEMENT bien indiqué quoique parfois, il faut demander pour les indications. Sur la route, il a plusieurs possibilités d’hébergements (Guess house, lodge, camping).

Avant d’entreprendre cette mini expédition, j’en ai profité pour reposer mes jambes a Rubavu pour une journée et me baigner dans le lac. J’ai posé la tente au Rwanda Adventure. Les employés étaient vraiment sympathiques. Pour les remercier de leurs hospitalités, j’ai fait l’épicerie au marché local et j’ai payé le souper a tout le monde. Le sentinelle (gardien de nuit / vieille homme sur la photo) était si content de ce geste, qu’en guise de reconnaissance, qu’il a rapproché sa chaise tout près de ma tente lors de la dernière nuit pour effectuer sa surveillance de nuit.

Sur la CNT, les points de vue sur le lac sont magnifiques et fréquents. La route entre Rubavu et Kibuyé est parfois très mauvaise. Entre Kivuvu et Kibuyé, j’ai parcouru un gros 25 km en une journée. J’ai eu le plaisir de partager cette section avec un couple d’hollandais que j’avais rencontré plus tôt en Ouganda. Cette section n’est pas asphaltée. À partir de Bomba, la route est asphaltée. Le CNT traverse les MILLE ET UNE COLLINE. Les muscles de vos jambes en travaillent donc un coup. Contrairement a mes appréhensions, les interactions avec les adultes et les enfants ont été assez naturelles. A maintes reprises, autant les adultes que les enfants, m’ont aidé a pousser mon vélo sur les pentes raides sans jamais demander de l’argent. En échange, je partageais avec eux mon eau et un bout de nourriture.

Lors de l’avant dernière journée du CNT, les pads de mes freins arrières ont tombés. J’ai alors contacté immédiatement Alan, le mécano de The shop Kigali (mécano de l’équipe national du Rwanda), via Whatsapp, pour savoir ce que je devais faire. Étant donné qu’il n’était pas en mesure de bien comprendre la cause, il lui a semblé plus sage que je n’utilise que mon frein avant pour me rendre a Kigali.

Je mis le cap vers Kigali 30 km avant la fin du CNT. Cette route passe a travers le parc national de la forêt Nyungwe. Ce parc est une immence forêt pluviale qui se situe proche du Burundi. Elle est la plus grande forêt de montagnes de l’Afrique de l’Est / Central. Elle compte plus de 300 espèces d’oiseaux, 75 sortes de mammifères dont plus de 13 espèces de primates.

Avant l’entrée du parc, j’ai posé la tente au bureau municipal (akagari) au village de Bohinga. Avant de partir, mon nouvel ami Sam (employé de l’akagari) me donne ses coordonnées au cas ou je dois le contacter. Pendant la soirée, un homme (jeune) s’approche de ma tente, il me questionne sur les raisons de ma présence et il me demande de sortir de la tente. Son anglais est très limité. Je refuse alors et je l’interroge sur son identité. Réponse: it’s the army. J’ouvre alors légèrement la fermeture du double toit de ma tente et j’aperçois alors 6 militaires armés proche de ma tente. J’ai la bouche sèche, j’ai des palpitations. J’essaie tout de même de garder mon calme, de rationnaliser et de faire comme si j’étais sur de moi. Je me dis alors dans ma tête, tu es au Rwanda. C’est pas le Congo ou le Burundi. Ce n’est pas corrumpu ici. Tout va bien aller. Tu as la permission d’être ici. Je pointe alors l’édifice de l’akagari et je dis au militaire: ok, Sam, ok. Le gars ne comprend rien. Je décide alors d’appeler mon ami Sam. Geneviève: Sam, il y a des hommes autour de ma tente. Sam: C’est ok Genevieve. Ce doit être les sentinelles. Genevieve: NON, C’est l’ARMÉ !!! Les hommes sont autour de ma tente. Je décide alors de remettre mon téléphone a l’un des gars et je lui indique que mon ami est Rwandais. Après quelques minutes, le militaire me remet mon téléphone avec un sourire. Sam : Ne t’en fait pas Geneviève. L’armé patrouille le village le soir et ils ont vu ta tente. Je leur ai dit que tu avais la permission de rester ici. Tu es en totale sécurité.

A mi-chemin dans le parc Nyungwe, après plusieurs montées et descentes, mes freins a disque avant ont commencé a se fatiguer. Des locaux en jeep (ONG) ont donc mis mon vélo sur le toit et ils m’ont apporté a la ville de Butare. De la, j’ai pris le bus pour Kigali. Je suis contente d’avoir pu faire une partie du parc en vélo. L’air y était très fraiche et la la nature était paisible !!! Que moi et le sons des oiseaux. J’ai même eu la chance de croiser quelques familles de Colobe (singes).

A Kigali, j’ai passé la première nuit au Mamba backpacker. L’endroit est situé juste en face du meilleur smoothies shop en ville, a quelques centaines de mètres de La shop Kigali (réparation de vélo) et a distance de marche de plusieurs bons restaurents. Le Mamba a une piscine et une salle de quille ! Le lendemain, j’ai posé la tente au restaurent de Mio (warmshower). Mio a aussi beaucoup voyagé en vélo. Elle a aussi écrit quelques livres sur le sujet en chinois et japonnais. Pendant mon séjour a Kigali, j’en ai profité pour rien faire, manger des crèpes, des fruits, boire au moins 10 smoothies. J’avais des rages épouvantables de fruits. Lors de ma dernière journée, je me suis payée un luxe a petit prix. J’ai passé la journée au Pili-Pili hotel et restaurent. J’ai aussi visité le Genocide memorial. Plus de 250 000 personnes y sont maintenant enterrées.

Pour rejoindre la frontièrede Rusomo (Tanzanie), la route sillone les vallées et gravite quelques montagnes. Rien à comparer à l’ouest du pays. Lors de ma première nuit, j’ai demandé la permission de poser ma tente au poste de santé du village. Je demande alors qu’on m’écrive une autorisation officielle. On m’écrit alors un mémo et on y une étampe officielle. Je ne veux pas me retrouver dans la même situation qu’à Bohinga (militaire). Le soir, le médecin de garde m’offre un lit d’hopital pour dormir (on est loin de cela au Québec). J’opte pour ma douce tente. Pour me rendre a la toilette, je devais passer a travers la salle d’accouchement. Le lendemain, en chemin pour les toilettes, je surprends le médecin en train d’assister une femme en plein travail (accouchement). J’arrête alors brusquement puisque je suis très malaise. Le médecin m’invite alors à poursuivre mon chemin. Je refuse a nouveau et tente de rebrousser chemin. Il se met alors a rire et il place entre elle et moi un paravent.

 

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2 réponses à “Musanze-rusomo

  1. Comme toujours tu es inspirante Gege! Et tellement courageuse de faire tout cela toute seule! Bien contente de voir que tout se passe bien et que tu réussises à trouver des gens qui peuvent veiller temporairement sur toi! Bon voyage!

  2. Bonjour Geneviève !!! J’ai pris le temps ce matin de lire ton blog pour prendre de tes nouvelles, et suivre ton périple extraordinaire (Wouaw) . Honnêtement ça faisais un p’tit bout de temps que je n’avais pas eu l’occasion. Vraiment Désolé…. je sais que tu adore lire les nouvelles des amis (es). Et je comprend très bien le sens de ses correspondances, ça deviens précieux …au loin. ☺
    A te lire on peux vivre une partie de ton voyage a travers tes textes , et tu écris et composes très bien. Félicitation!!! En fermant les yeux ont peux presque s’imaginer là…mais C’est plus difficile de lire la suite…les yeux fermés..Loll
    ¨Ca fais du bien, tu nous brasse les puces…hahahha.
    L’imaginaire deviens réalité et parfois a lire certain passages de tes
    anecdotes (militaire // près de ta tente), ou bedon plus freins du tout sur ton vélo?? ¨Ca donnes certains frissons… Ici c’est Halloween qui nous effrois avec toutes les décorations fantomatique devant les habitations….loll
    Geneviève Té Braveeeeeeeeeeeeee……Tu mérite que l’On érige un jour une statut de bronze de toi sur ton vélo devant ton chalet, sur le top de la montagne….loll.

    Vivre l’hémisphère Sud, ta pensé a ton affaire…loll
    Toi qui se dirige vers le sud… alors l’été va vers toi, ou vire vers ça !!??
    petit jeu de mot…loll
    manière de rigolé parce que c’est pas mal juste une saison la-bas !!
    Tandis que nous , on se dirige tout droit vers le tapis blanc. La semaine dernière, c’est-a-dire dimanche matin, lorsque j’ai relevé au matin levant les vénitiens (rideaux) c’était le tapis blanc partout, sois un minimum de 2-3 po reçu. C’est bien beau, mais tu sais quand té pas prêt, ou *settlé* comme on dit, c’est une autre paire de manche.
    Comme ton voyage , ça prends une certaine organisation. Moi ma journée était prévu pour cuisiner et me faire des réserves de plats préparé, et comme de raison y manque toujours un petit qlqs choses.
    Pensant a mon affaire, dans les montagnes d’où j’habite les montées et les descentes ne manque pas, comme toi, mais le hic, chaussé sur les pneus d’été(usés) n’est pas très futé….Je suis toujours sur la *coche* côté prévoyance et organisation, mais là,,, Coco y’é en retard dans ses affaire…Loll.
    Mais bon, un peu de talent de cascadeur en voiture,(comme dans mon bon vieux de temps de jeunes…loll) 2-3 dérapage contrôler pi j’ai fini par me rendre au village voisin, pour y faire qlqs courses.
    Mais comme de raison, ici c’est moins l’aventure, que toi a vélo, loin de tes repères et laisser a toi même, pour l’aide , prise de décisions, etc.
    C’est certain, comme je disais auparavant que les gens sur terre sont foncièrement bons, et oui c’est un peu utopie philosophique, mais notre hora (auréole) que l’on dégage, et qui nous inspire, qui nous guide a chaque pas, souvent trace une partie de notre chemin quotidien avec le regard que L’on lui donne, et sans trop savoir pourquoi ??, nous ouvrent des portes inattendu. Pi ça fini en beauté …bien souvent..en tout cas c’est un métaphore philosophique que je constate a travers tes récits.!!!
    C’est toujours comme ça que je l’ai vu et vécu durant mes petites, ou comme mes grandes aventures, Voila pour mon regard sur la manière de vivre au quotidien a l’aventure comme a la routine !!!. Assurément faut rester l’œil ouvert et avec un brin de lucidité,… prudent un peu dirais-je, mais pas parano…loll.
    Aujourd’hui C’est ma dernière journée de boulot, ensuite va pour chez-moi dans les montagnes, retour a la Caza et me préparer pour l’hiver en faisais mon devoir de mécano cette fds sur mon bazou loll….
    T’ennui tu un peu de ton petit coin de pays (La maison)???
    J’imagine un peu, mais je ne veux te mettre dans cette état d’esprit nostalgique.
    Après ton retour, ce sera comme un rêve (dans les 2 sens du mot !!!) que tu as vécu a apropos de se périple hors du commun. C’est marginal comme aventure, et aussi de l’autre côté je comprends très bien tout le sens que ça-là. C’est ça **vivre sans regret**. Éventuellement Tu pourra te consacrer a l’écriture ??? Tu as du talent…..
    Hey mon athlète olympique !!!, je constate que tu sais aussi prendre soins de toit durant tes poses de qlqs jours et de te gâter un peu lorsque les astres s’enlignent.
    NB: Je suis sensible et JE PRENDS AUSSI EN CONSIDÉRATION TOUTE CETTE PAUVRETÉ ET DURE LABEUR DES GENS DU PAYS QUE TU CÔTOIE. Toute une leçon de vie,
    Bon…Je te souhaite de tout cœur une belle continuation de ton périple, en toute sécurité, Go go go Géni go. Té la meilleure….et moi maman n’en reviens pas lorsque je lui raconte les aventures d’une amie a moi qui traverse une partie de L’Afrique a vélo. ☺
    Dans son univers cela est impossible, inimaginable, pour ne pas dire interdit ?????
    Bon allez a bientôt, excellente route je te souhaite.
    Et bon courage, je brûle aussi un lampion pour tenir ta route éclairé….loll
    En toute amitié…
    Sylvain Rondeau XX

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